Où j’ai pleuré dans des kleenexs de clown…

May 04

Tout avait bien commencé. J’avais acheté une carte pis des fleurs. J’étais fin prêt pour la fête à Julie. Tsé, le plan était pas trop compliqué : vu que j’m’en vas quelques jours à Chicout pour une entrevue de job pis pour régler quelques bébelles, Julie m’avait demandé d’y acheter du Macdonald’s pour faire changement de la bouffe de la cafétéria pis elle voulait qu’on passe la soirée ensemble à écouter un ou deux films sur l’ordinateur comme si on était à la maison.

Là, le frère à Julie, Joël (oui j’ai le même nom que mon beau-frère) est arrivé avec sa blonde Julie (oui, Julie a le même nom que sa belle-sœur) pour lui souhaiter bonne fête. On avait ben du fun pis là, Joël a donné un beau gâteau de fête au chocolat pis aux fraises à Julie.

C’est là que la seule infirmière qu’on trouve poche dans le département est arrivée dans la chambre pis comme si elle annonçait qu’il fallait qu’elle aille aux toilettes, elle a dit : «On va te changer de chambre, faut faire de la place. Je t’ai amené un charriot pour que tu mettes tes affaires pis tu vas être transférée aux accouchements pis c’est pas parce qu’on pense que tu vas accoucher bientôt, c’est juste qu’il faut faire de la place. »

D’un certain point de vue, c’est une crisse de bonne nouvelle parce que si un département expérimenté a cru bon de switcher ma blonde de l’aile des grossesses à risques élevés, c’est que son état est stable.

En fait ce qui est crissant là-dedans, c’est de pogner une fille qui est loin de sa famille, de chez-elle pis qui est pas là nécessairement parce que ça lui tente pis de la pogner le jour de sa fête pour y fucker toute sa journée. Moi, je m’en allais l’âme en paix en me disant que Julie s’était faite plein d’amies dans sa situation pis que quand même que j’allais être loin d’elle pendant quelques jours, elle allait avoir de la compagnie.

Mais bon, après le déménagement de Julie, chus parti chercher du Macdonald sauf que rendu à la Place Laurier, tout était fermé. Là, j’ai repensé à l’infirmière conne pis j’me suis dit : « C’est pas toé qui va gâcher la journée de ma blonde ». Faque chus parti à pied à l’autre boutte du boulevard Laurier.

Rendu au Macdo, chus rentré en même temps qu’un bonhomme super zen avec un ado frisé pis ils ont juste acheté une grosse frite. Après ça, chus revenu au CHUL à un pas de Bernard Landry qui fait de la marche rapide.

Après ça, Julie pis moi on a bouffé, on est allé y chercher un décaféiné pis le couloir de d’habitude était bloqué faque il a fallu prendre un ascenseur. Le gars zen pis l’ado frisé à la grosse frite en sont sortis. J’ai dit à Julie : « C’est weird en crisse, je les ai croisés tous les deux au Macdo tantôt. C’est peut-être comme des Jacob dans Lost ».

Quand j’ai payé le décaféiné à Julie, j’avais les yeux dans la graisse de bine. Je me demandais comment j’allais faire pour être loin de Julie dans les prochains jours. On est revenu dans la chambre, on a jasé pis là, Cryin’ de Roy Orbison s’est mise à jouer en boucle dans ma tête.

Là, j’ai pus été capable de m’arrêter de brailler. Julie aussi. J’aime pas ça être loin d’elle. Je l’aime. Ça me fait chier de l’imaginer toute seule à Québec même si je sais qu’elle est entre de bonnes mains pis que c’est pour une semaine gros max.

Faque j’ai passé un paquet de mouchoirs avec Atchoum le Clown dessus pis quand chus parti, Julie m’a dit : « Colle-moi pis dis-moi des belles choses, c’est ma fête! »

Quand chus sorti, j’entendais Julie pleurer faque chus rerentré. On a rejasé un peu pis là, Julie m’a dit : « J’vas me fermer les yeux pis quand j’vas les rouvrir tu vas être parti ok? »

Chus parti incognito pis avant de fermer la porte, Julie m’a dit : « À demain. »

J’y ai répondu la même chose pis y avait Cryin’ qui jouait de plus en plus fort dans ma tête.

6 comments

  1. Hervé Leclerc /

    Intense! Au moins , vous êtes pas tout seul. Je suis sur le bord d’écrire un blogue. Ça doit quand même faire du bien.

  2. Chérie /

    I love you, and you love me
    But sometimes we must let it be
    In the real world
    In the real world

    À demain…

  3. vous êtes plus tout seuls à pleurer ce matin. merci d’avoir partagé ce moment. courage à vous deux :)

  4. Je suis contente d’avoir fait parti de ce moment.
    C’est très touchant.. j’avais le moton en te lisant..
    J’écris ce petit mot en écoutant Cryin de Roy.. je me sens quasiment là!

  5. man! c’est ben trop touchant ça!

  6. Ben là, on n’arrive plus à travailler nous après avoir lu ça !

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