Où il est question de la mort…
Dec 18
Mon père a crissé le camp quand j’étais flot. Il préférait brosser avec ses amis pis mener la vie qu’il voulait au lieu de se faire chier à se conformer pis s’occuper de ses enfants. Un vrai père 1980.
La dernière chose que je souhaite en vous écrivant ça, c’est de faire pitié pis de m’apitoyer sur mon sort. Parce que de toute façon, des pères qui ont crissé le camp, c’est presque devenu la norme pour ben du monde de mon âge. Comme un genre de génération de pères de marde.
Si je vous parle de ça, c’est que quand on n’a pas eu de père, on a tendance à s’approprier les pères des gens qu’on aime. On le fait souvent secrètement mais ça reste qu’on le fait.
Donc aujourd’hui, je viens d’en perdre un pis toute qu’un. Le père à Guilis, c’était toute qu’un bonhomme. À chaque fois que je pense à lui, j’ai un grand sourire dans la face pis juste des bons souvenirs. Je me rappelle la fois où on avait fait le party chez Guilis pis que Richard était arrivé pis qu’y m’avait offert des cuisses de poulet à 3h00 du matin. C’est comme une image figée dans le temps à jamais. Un bon souvenir.
Fait chier parce que j’ai vraiment passé une bonne partie de mon adolescence chez Guilis. J’avais pratiquement mon lit de réservé dans le sous-sol. On jammait là le vendredi pendant que Richard pis Esther partaient au chalet. On se louait Bomberman au Super Nintendo pis on jouait à 4. On était une gang de geeks avant le temps sans même le savoir. On pensait que Richard était dans Pink Floyd parce qu’il ressemblait comme deux gouttes d’eau à Nick Mason pis à chaque fois qu’il y avait un show de Pink Floyd dans le monde, Richard partait toujours au chalet faque on se disait que c’était lui Nick Mason.
Les années ont passé pis un moment donné, on a pris un chemin différent pis à chaque fois que Guilis pis moi on se revoit, on se dit que c’est dont le fun de se revoir pis finalement, on se redit la même affaire un an plus tard pour se redire la même affaire un an plus tard pis le pire là-dedans c’est qu’on le pense vraiment. Comme si on était dans une ostie de boucle perpétuelle.
C’est con mais c’est dans des moments comme ça qu’on se dit qu’on finit tellement par se perdre de vue. Se perdre soi-même par rapport à ce qu’on est, perdre les autres avec qui on a grandi, perdre sa candeur pis son innocence, perdre tout court.







Je sais même pas quoi dire ou plutôt comment le dire, mais je trouve ça donc ben beau. Des fois ça prend des claques su’a gueule comme ça pour réaliser des choses pourtant simples à voir.
Mes sympathies.
Pas connu le paternel du tout, de mon côté, je comprends bien ce que tu veux dire. On ramasse des grenailles de père à gauche et à droite, pis on s’en bricole un. En devenant père, on brasse toutes sortes de choses dans ce sens.
Comme tous les modèles, c’est pas évident à voir partir. Je pense à toi et prends une bière en l’honneur de Nick Mason.
“On était une gang de geeks avant le temps sans même le savoir.”
C’était sublime comme description. J’ai sensiblement le même âge que vous et je peux comprendre la description des pères que vous faites. Désolé pour cette perte qui semble vous affecter beaucoup. Allez donc vous changer les idées ce week-end avec Avatar. Bon ou mauvais, un film de James Cameron ça change toujours les idées ! Dommage que ça arrive juste au 15 ans
Je viens te souhaiter un beau Temps des fêtes en espérant qu’il y aura un peu de bonheur dans ton coeur. J’ai lu quelque chose de très beau en naviguant sur le Net. J’aimerais le partager avec toi, si tu le permets.
”Il y a tous ces petits bonheurs qu’on égraine comme un Chapelet pour se rappeler que même dans les moments plus sombres, des perles de lumière illuminent sans discontinuer. Il suffit d’élargir son regard. Il n’y a pas de lumière en fermant les yeux.”
J’ai toujours aimé la nostalgie, je trouve que ça a quelque chose de tendre, d’enveloppant. J’ai toujours aimé la nostalgie à condition qu’elle dure 4 ou 5 minutes pas plus sinon elle nous étouffe un peu, lentement mais sûrement pis elle tend à envahir l’espace.
Idéalement, faut s’en détourner et regarder vers l’avant afin que les opportunités de créer de nouveaux moments se présentent. On “perd” pas vraiment (bon d’accord peut-être un peu), on trouve autres choses c’est tout.
Pour ce qui est des pères, pour ma part, j’en ai un à qui on pourrait rendre hommage. Il a des outils dans un garage pis une chaloupe pis un gros camion, choses qui me sont quelque peu étrangères. Je le soupçonne fortement d’ailleurs d’utiliser tout ça pour se défaire d’une certaine nostalgie. Je t’arrange une “date” si tu veux. Vous aurez probablement même pas besoin de parler…
Tu devrais envoyer ton texte à Guillaume, Joe…
Je le sais pas s’il l’a lu, mais moé j’ai braillé comme un veau en le lisant…
Joyeuses fêtes!
J’ai vu Guilis hier au salon funéraire et à l’église. Journée épuisante côté émotions mais on a quand même réussi à rigoler après la cérémonie. Ça faisait drôle de se retrouver avec Simon-Pier, Ti-Fred et Guilis.
Dommage que ton père est crissé le camp. Le mien est resté et y a jamais arrêté de me traiter comme de la marde. Souvent j’aurais préféré qu’il soit parti et juste me l’imaginé autrement…