Où je suis cool comme Mike…
Jun 03

Wellet pis moi, on est allé jouer au basket à soir. Je vous écris ça et ça m’impressionne moi-même. En fait, ce qui m’épate le plus c’est que le mot basket pis mon nom soit dans la même phrase. Ça faisait un bout qu’on se disait qu’il faudrait qu’on se mette à faire de quoi dans le genre parce que pour ma part, je m’en viens gros et je voudrais pas que ça dégénère trop. Tsé, je suis pas le genre à faire une fixation sur mon apparence mais quand tu es gros et que tu pourrais pas l’être, entre les deux, un choix s’impose.
Faque à 18h20, Julie m’a fait un lift jusque chez Wellet pis là, on a filé vers le terrain de basket. J’avais comme l’impression d’être dans un rêve. Je me disais: “Là, d’ici dix secondes, tu vas finir par te réveiller pis tu vas réaliser que tu t’es endormi en zappant sur la reprise de Des kiwis et des hommes.”Mais non.
Après un shot ou deux, Wellet a ben vu que j’en avais gros à apprendre avant d’avoir le moindrement d’allure mais comme c’est un bon chum et qu’il me connaît depuis les nineties, il a été super cool et m’a enseigné quelques techniques sans jamais perdre patience. Ce qui est le fun, c’est que j’ai beau être pas super hot dans ces affaires-là, j’ai quand même une capacité d’apprentissage pas pire faque vingt minutes plus tard, j’avais l’air d’un gars qui a déjà joué au basket dans les années 80. Genre sportif crissement déchu sur le retour.
Là, tout allait relativement bien pis Wellet m’a proposé de faire une partie de 1 contre 1. Je me sentais comme le gars de White men can’t jump mais en pas bon au basket. J’avais beau essayer de bloquer Wellet, il dribblait le ballon d’un bord pis de l’autre en plus de le faire passer entre mes deux jambes. J’étais comme Gargamel quand il essaie d’attraper des schtroumpfs.
À un moment donné, j’ai réussi à faire un panier. Ça devait être rendu 13-1. Je voulais pas que ça paraisse mais j’étais fier d’avoir fait au moins un point. Comme Wellet est un cool guy, il m’a félicité.
Ça devait faire un bon 45 minutes qu’on était dans le feu de l’action pis là, il arrive deux flots de 13 ans qui sortent de nulle part. Y en avait un qui devait mesurer quatre pieds pis l’autre faisait au moins six pieds. Le grand nous regarde pis là il dit: “On fait-tu un 2 contre 2.” Secrètement, ça faisait déjà un bon dix minutes que je continuais par orgueil. J’avais le coeur en feu pis je me demandais qu’est-ce que je pouvais encore suer. Wellet respirait fort et il avait la face rouge faque je me disais qu’il refuserait leur défi avec élégance mais ce qui est trippant avec les vieux chums, c’est qu’ils réussissent toujours à vous surprendre.
Quand Wellet a répondu :”ben oui, let’s go!”, j’aurais aimé ça que quelqu’un me filme la face. J’aurais enfin pu savoir de quoi j’aurais l’air si un truck me fonçait tout droit dessus.
Les flots étaient malades. Moi, j’étais pogné pour m’occuper du petit kid et je capotais de le voir aller. Il spinnait d’un bord pis de l’autre et c’était comme si y était sur une cassette VHS à fast-forward. Il allait crissement vite. Comme si c’était pas assez, à chaque fois que j’avais le ballon, le grand de six pieds me collait et j’aurais eu beau sauter dix pieds dans les airs, il m’aurait quand même encore bloquer.
On a dû jouer comme ça une dizaine de minutes pis là, j’ai assumé mon rôle de gars de 29 ans qui fume comme une cheminée pis j’ai dit à tout le monde que c’était beau. Y a un autre kid qui est sorti de nulle part et il s’est proposé et en même temps, le grand jack de six pieds a annoncé que c’était beau pour lui aussi. Je me disais intérieurement: “Tabarnac, avoir toffé deux minutes de plus, peut-être qu’il aurait abandonné avant moi…”
Faque pour garder ma fierté, j’ai dit au petit kid de pas faire comme moi et de pas vieillir et du tac au tac, le flot m’a répondu: “Écoute… on peut pas éviter ça man…”
Quand on est retourné chez Wellet, on a fait une rétrospective de cette première soirée de basket et après avoir bu ma deuxième gorgée de bière, j’ai fixé le vide pis j’ai révélé mon grand projet de l’été: “Tu vas voir Wellet, d’icitte la fin de l’été, je vais finir par les torcher ces deux flots là.”
Qui sait…






Lâche pas Joël, t'es capable!!! De mon côté j'ai à peu près le même défi que toi sauf que le kid que je veux battre au basket à 3 ans, et le panier est même pas à 4 pieds de haut.. Comme quoi il y en a des pires que toi